Canada : une police à cheval sur ses principes

Drapeau canadien avec la police montéeLa France a sa gendarmerie, l’Italie ses carabiniers, et le Canada… sa Police Montée. Ces redresseurs de torts des temps modernes sortent particulièrement du lot avec leur fière allure et leur uniforme si distinctif. Mais d’où viennent donc ces fameux policiers qui sont entrés de plains pieds dans l’inconscient collectif ?

Il faut remonter assez loin pour en savoir un peu plus sur ce corps de police. En 1873, sous l’impulsion du premier ministre canadien Sir John A. McDonald, la North West Mounted Police voit le jour. A première vue, la création d’un tel corps semble saugrenue, tant le Canada semble à première vue aux antipodes d’un Far West ou l’on tire d’abord et l’on parle ensuite. A première vue seulement !

Les différentes communautés qui se côtoyaient avaient bien du mal à s’entendre. En effet, les autochtones ainsi que les métisses peuplant l’ouest canadien voyaient d’un mauvais œil les Anglais et les Américains qui débarquaient sur leur territoire, craignant de les voir s’approprier leurs biens. La diplomatie fut tranquillement rangée aux placards et les échanges musclés se multiplièrent jusqu’au jour où une bande de braconniers passablement ivres massacrèrent tout un campement rempli de familles. Horrifiés par le fait divers, les canadiens réagirent promptement et la première police montée vu ainsi le jour.

Au départ les volontaires affluèrent de tout part. Il faut dire que les conditions d’admissions n’étaient pas particulièrement sévères. Une lettre certifiant que vous êtes un homme de bon caractère (!!!) ainsi qu’une petite visite médicale suffisaient à vous faire intégrer le bataillon.

C’est près de 150 hommes qui formèrent au départ le bataillon, avant d’être rejoint par 150 autres plus tard, plus méticuleusement choisis. En 1874, ce sont près de 274 hommes qui marchèrent vers l’ouest pour aller à la rencontre de trafiquants de whisky. Cette traversée se fit non sans peine et nombreux furent ceux qui désertèrent les rangs. Les policiers se disséminèrent peu à peu, établissant un certain nombre de points stratégiques sur le territoire.

Au fil du temps, les troupes gagnèrent en importance et en 1885 c’est fort d’un bon millier d’éléments que la Police Montée faisait régner la loi et l’ordre. Cette belle histoire faillit cependant tourner court en 1896. Suite à la nomination de Wilfried Laurier, septième premier ministre du Canada, ce dernier profita de son statut fraîchement acquis pour couper les vivres à la Police Montée, tant et si bien que le corps disparu, mais pas complètement.

Police montéeUne refonte totale de la North West Mounted Police aura en effet lieu et en 1919, le parlement fusionnera les « restes » de l’ancienne police avec la Police Fédéral du Dominion, ce qui donnera naissance à la Royal Gendarmerie à Cheval du Canada et qui donnera finalement Gendarmerie Royale du Canada en 1940.

Cette police est sans conteste l’une des plus reconnaissables au monde aux côté des fameux bobbies britanniques, et comme on l’a dit précédemment ceci est largement dû à leurs uniformes, qui sert désormais exclusivement aux parades. Doté d’un veston rouge vif, d’un pantalon noir et de l’indécrottable chapeau, cet uniforme aura su marquer les esprits, son image revenant souvent lorsqu’on évoque le pays des caribous.

Il va s’en dire que ces policiers écarlates font partie intégrante du patrimoine canadien et le succès de ce corps de police est loin de décroître. On y retrouve de nos jours prés de 30.000 éléments et seuls 5% des 12.000 personnes cherchant à intégrer ce prestigieux corps policier arrivent à leur fin ! Il est bien loin en effet le temps ou une simple lettre et un examen médical suffisait à devenir un Mountie.

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David VEERASAWMY