Dubaï : superstructures et mégastructures

Superstructures et mégastructures dubaïotesSi on devait jeter un rapide coup d’œil sur les infrastructures dubaïotes, on pourrait très vite se rendre compte que la modestie n’est point une vertu qui les étouffe ! En effet, dans le but de briller de par le monde, Dubaï a décidé de faire les choses en très grand !

Fin des années 90, un projet va asseoir le pays sur la scène internationale. Toute voile dehors, le Burj Al Arab, hôtel le plus haut du monde se vantant d’avoir sept étoiles au compteur, émerge de la côté de Dubaï et en laisse plus d’un bouche bée ! De par son architecture aussi simple qu’inédite en forme de voile et sa position au dessus de l’eau histoire de rester dans une thématique maritime, ce qui a causé quelques sévères migraines chez les ingénieurs, l’hôtel a pavé la route à une multitude de projets les uns les plus dantesques que les autres.

Un parfait exemple de cette démesure architecturale est le Burj Khalifa, bâtiment le plus haut du monde avec ses 829.84 m. Commencé en 2004 et inauguré six ans plus tard, ce titan a nécessité prés de 330.000 m3 de béton et 31.400 tonnes de barres de fer pour une facture de 1,5 milliard de dollars ! Histoire d’en rajouter une couche, le bâtiment accumule une bonne quinzaine de records, allant du bâtiment avec le plus d’étages à la boite de nuit la plus haute du monde !

Mais ces deux projets font presque rire à côté des autres atouts que possède l’émirat. Palm Jumeira…Une île en forme de palme. Encore une fois on a une description toute simple pour un projet à la complexité inversement proportionnelle.

L’idée peut sembler complètement folle et pourtant : construire une île artificielle et y implanter hôtels et autres villas, le tout relié à la terre par une autoroute. Le travail de fourmi qu’a demandé un tel chantier peut laisser pantois et pourtant le projet est bel bien arrivé à terme, non sans peine cependant. En effet, de nombreux problèmes logistiques ont émaillé la construction. Seul le sable et la roche devait servir à la construction de l’île et comble de l’ironie, le sable du désert était trop fin pour tenir face à l’érosion. Résultat, une flottille de bateaux devaient faire le va et vient en haute mer pour acheminer le sable requis. Les écologistes ont commencé a haussé la voix quand aux répercussions d’une telle construction sur la faune aquatique et contre toute attente Palm Jumeira s’est révélé être plus que bénéfique pour la vie aquatique du golfe. D’autres problèmes sont apparus par la suite, comme le risque d’une stagnation de l’eau entre le récif artificiel construit pour protéger l’île et cette dernière. Ayant néanmoins réussi à surmonter tous ces problèmes, Palm Jumeira «émergea» finalement des eaux en 2007. A la grande consternation de certains, on apprit plus tard que cette île artificielle n’était que les prémices d’un triptyque et que Palm Jebel Ali et Palm Deira, respectivement deux et trois fois plus grande encore que leur aînée, n’allaient pas tarder à faire leur apparition.

Ceux qui pensaient que ces îles artificielles allaient sonner le glas de la mégalomanie dubaïote ont dut rire jaune quand ils ont appris la construction du Monde. Rien que ça en effet, le monde, tout simplement ! Reprenant dans les grandes lignes l’idée des Palm Island, le Monde est en effet une série d’îles artificielles formant à elles toutes les différents continents. Ces continents sont eux-mêmes faits de différentes petites îles et au final ce sont 300 petites parcelles de sables qui seront à vendre. Ayant démarré sur les chapeaux de roues en 2003, la construction a du stopper, la faute à la crise financière. A ce jour, aucune date butoir sur la fin du projet n’a circulé.

La crise cependant n’a pas arrêté l’imagination fertile des promoteurs et les projets de construction de plus en plus fous apparaissent régulièrement ! The World devrait connaître une suite qui s’intitulera tout simplement The Universe et 2014 devrait voir apparaître le Pentominium, plus haut complexe résidentiel du monde, sans compter la kyrielle de gratte-ciel prévue pour les prochaines années. Mégalomanie absolue, ambitions démesurées, les qualificatifs ne manquent pas pour définir l’explosion immobilière de l’Emirat, et au vu de ce qui l’attend pour les années à venir, on peut vraiment dire qu’impossible n’est pas dubaïote !

David VEERASAWMY