Florilège de la gastronomie islandaise

PlokkfiskurDe par la richesse exceptionnelle de ses eaux, l’Islande s’est fait un nom grâce à la qualité de son poisson et autres fruits de mer. Pas étonnant donc de retrouver ces derniers sur bon nombre de tables !

Les déclinaisons de poissons sont légions, et les préparations plutôt rocambolesques tel le Hakarl attendent les plus valeureux d’entre vous ! Derrière ce fort joli nom se cache du requin qu’on a laissé faisandé avec amour pendant trois mois sous terre. Derrière cette technique à première vue barbare se cache en fait une solution pour rendre le poisson comestible . En effet, manger tout frais, le requin serait toxique et seule une longue période ou le squale « sue » son urine néfaste permet de le rendre propre à la consommation. Manger un tel met tient plus du sport extrême que du plaisir mais cela fait partie intégrante du folklore local .Il est cependant de coutume d’accompagner ce délectable met d’au moins un verre de vodka, histoire de faire oublier son goût. A bon entendeur.

Rassurez-vous les plats de poissons ne sont pas tous des répulsifs en puissance . Le plokkfiskur, par exemple rappelle vaguement la brandade de morue et se compose de reste de poisson agrémenté d’une sauce blanche, le tout gratiné au four. Si une petite faim vous tenaille, laissez-vous tenter par le Harofiskur .Poisson séché, allant de l’aiglefin à la morue, le Harofiskur se mange accompagné d’un peu de beurre ou tout simplement nature !

Gastronomie islandaiseIl serait aisé de croire que le poisson occupe toutes les strates de la gastronomie locale. Détrompez-vous, car aussi étonnant que cela puisse paraître à première vue, l’Islande est un pays qui fait la part belle à la viande de mouton . On la retrouve sous plusieurs forme, notamment en saucisse servi dans des hot-dog dont sont friands les locaux. L’un des stands de Reykjavík, le « Bæjarins Beztu Pylsur » est même devenu plutôt célèbre dans le pays, certaines personnalités telles que l’ancien président Bill Clinton étant venues faire honneur à la saucisse locale. Le très sérieux journal britannique « Guardian » l’a même décrété « meilleur stand de hot-dog d’Europe !!

Pour un plat plus roboratif, optez pour le hangikjöt, gros ragoût chargé en viande de mouton ou d’agneau, accompagné généralement de pomme de terre et de petits pois. Ce plat qui tient au corps est servi généralement durant les fêtes et reste un incontournable des tables islandaises.

De table, vous risquez d’en voir une si jamais vous avez l’occasion de manger un Þorramatur. Ce terme qui décrit un assortiment de divers plats traités en salaison est servi surtout lors des mois de janvier et février, durant les fêtes du Thorrablot, grand rassemblement ou les islandais rendent hommage aux anciennes divinités nordiques. Le Porramatur est véritablement à la hauteur de l’événement, près d’une douzaine d’ingrédients sont en effet nécessaires, allant de testicules de moutons en guise de friandise en passant par les têtes de moutons calcinées. Le poisson n’est pas en reste lors de ce festin et le traditionnel harofiskur côtoie avec allégresse les nageoires de phoque ou le gras de baleine mariné. Comme vous pouvez le constater, tout ou presque se récupère en Islande.

Certains de ces plats pourraient faire fuir le plus téméraire des gourmets et pourtant, les islandais ont plus d’un tour dans leur marmite et sont tout à fait capable de régaler les estomacs les plus rétifs.

David VEERASAWMY