Ile Maurice : le jardin de Pamplousses

Jardin de PamploussesAu nord-ouest de l’Ile Maurice à quelques kilomètres de la capitale, le jardin de Pamplousses situé dans le village du même nom est l’un des endroits phares du pays. De par la richesse de ses espèces dont les seuls noms sont d’agréables invitations au voyage, le jardin saura sans aucun doute vous émerveiller !

C’est au 18eme siècle que le jardin de Pamplousses éclot, tout d’abord au travers de Mahé de Labourdonnais mais c’est sous l’impulsion de Pierre Poivre, qui fut envoyé à Maurice sous les ordres de Louis XV pour en devenir l’intendant, que ce petit paradis de 25 hectares allait prendre tout son essor. Globe trotteur et passionnée de botanique, Poivre débarque à Maurice débordant d’ambitions et d’épices prêtes à éclore sous le ciel prospère de l’ile. La noix de muscade et le clou de girofle y prennent ainsi tranquillement leurs aises, accompagnés de laurier des Antilles et autres camphrier de Chine. Un véritable kaléidoscope d’espèce qui rendrait gaga n’importe quel botaniste !

Pierre Poivre finira d’ailleurs par prendre lui même ses aises dans le jardin et s’installera dans la superbe résidence de Mon Plaisir, qui sera détruite avant de renaître de plus belle sous le nom de château de Mon Plaisir, toujours visible d’ailleurs. Hélas pour Pierre Poivre, il n’aura pas la chance de finir sa vie dans sa propriété et ira s’éteindre dans sa ville natale de Lyon en 1786.

PamploussesLe jardin déjà bien luxuriant ne sera pas laissé à l’abandon et ce sera le botaniste Nicolas Céré qui fera perdurer l’entreprise initié par Pierre Poivre. Il y ajoutera ainsi des fougères, des bougainvilliers et autres palmiers du plus bel effet.

Hélas, la prise de l’île par les Anglais en 1810 viendra mettre une halte au développement du jardin. Sans doute occupés à gérer leur territoire, les nouveaux possesseurs ne firent pas de Pamplemousses une priorité immédiate et il faudra attendre 1849 pour que le botaniste James Duncan vienne lui redonner ses lettres de noblesses, offrant ainsi au jardin ses fameux palmiers royaux qui bordent ses allées.

Difficile de rater ce somptueux lieu si on a l’occasion de passer devant. Le gigantesque grillage donne le ton. Offert par François Liénard, cette œuvre s’est même vu recevoir un prix lors d’une exposition ayant eu lieu en 1862 à Crystal Palace, Angleterre.

Une fois à l’intérieur, libre à vous d’aller déambuler à votre aise et à votre rythme, ou si besoin est avec un guide. Privilégiez la première option pour passer de surprise en surprise et la seconde pour une leçon de botanique.

On peut en tout cas constater que le jardin n’a aucunement perdu de sa superbe. Il serait assez dur de dresser une liste exhaustive de toutes les espèces présentes, mais certaines sortent particulièrement du lot.

Jardin de l'Ile MauriceOn peut par exemple parler de la plante emblématique du jardin, le nénuphar. Le bassin, faisant près de 93m de long, abrite en son sein toute une flopé de Victoria Amazonica qui comme leur nom l’indique proviennent de l’Amazonie. Pouvant atteindre jusqu’à deux mètres d’envergure voir plus, on dit même qu’il peut supporter le poids d’un nourrisson. A essayer bien sur à vos risques et péril ! Autre particularité de cette plante, la durée de vie éphémère de ses fleurs, seulement deux jours ! En effet, elles passent du blanc au rose avant de se faner tranquillement le dernier jour.

Pas très loin du bassin aux nénuphars on trouve le bassin aux lotus qui comme son nom l’indique vous permettra d’admirer de jolies fleurs aux pétales jaunes ou blanches. Pour finir dans un registre un peu moins poétique, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à l’arbre qui saigne ou mystilica, qui avec sa résine dégoulinante évoque plus ou moins l’hémoglobine. Peu ragoutant mais non moins fascinant.

Loin du tumulte de la ville et des plages, le jardin de Pamplemousses est plus que jamais l’occasion de plonger dans ce que l’Ile Maurice a de mieux à offrir en terme de flore. A bon entendeur !

Photos : Claire Servel

David VEERASAWMY