L’Angola un pays qui s’ouvre au tourisme

Equipe de foot de l'AngolaIl peut paraître incongru d’évoquer une destination comme l’Angola tant ce pays peut à première vue être aux antipodes de la destination de rêve. Ce serait jugée un peu hâtivement cette patrie qui a bien plus à offrir qu’on ne pourrait le croire.

Situé au sud-ouest du continent et fort de ses 1 246 700 km² de terre, l’Angola est le septième Etat d’Afrique de par sa superficie. Il a connu un certain boom économique durant la dernière décennie, capitalisant notamment sur la richesse des sols en pétrole et en diamants. En effet, le pays se targue d’être le plus gros producteur de pétrole d’Afrique, côte à côte avec le Nigeria.

En parallèle, l’Angola a surtout commencé à entrapercevoir tout le potentiel touristique qu’il possédait, notamment au travers de ses différents paysages aussi disparates qu’attrayants.

En 2005, pas moins de 210 000 touristes et près de 366 000 en 2009 l’ont visité, engrangeant ainsi la coquette somme de 104.2 millions de dollars, pas mal du tout pour une destination relativement inconnu !

Au delà de l’idée que l’on peut avoir de l’Angola, que peut-on y trouver concrètement?

Au même titre que bon nombre de pays africain, l’ancienne colonie portugaise peut s’enorgueillir de posséder une faune et une flore des plus intéressantes.

AngolaDe manière générale le pays compte différents types d’espèces animales que ce soit au niveau des oiseaux, près d’un millier de variétés différentes, dont certaines sont endémiques. Vous trouverez donc autruches, flamands et autres faucons qui occupent allègrement le ciel et la terre, invitant irrémédiablement à l’observation.

Il en va de même pour les animaux à quatre pattes. On retrouve par exemple sur les terres l’antilope géante des sables, espèce inhérente au pays et animal particulièrement vénéré par les locaux de par ses aptitudes à la course et son élégante allure. Dans la même catégorie on retrouve aussi le « palenca negra », ou hyppodraque noire, une sous espèce rare d’antilope que l’on trouve uniquement dans le nord. D’un beau noir profond et affublé d’une magnifique paire de cornes, l’animal est, au même titre qu’un dodo à Maurice ou le coq en France, le symbole national du pays. L’équipe de football angolaise s’est même surnommée « palenca negra » et la compagnie aérienne nationale arbore fièrement une tête de mâle en guise d’emblème.

L’Angola possède aussi un petit nombre de parc nationaux de très bonne facture. Le parc de Iona par exemple est le plus vieux et le plus grand du pays, avec près de 15 150 km2 d’espace. L’une des particularités du parc est son incroyable formation rocheuse, perdue au milieu d’un environnement semi désertique ou règne aussi les habituels gazelles et autres guépards.

Victimes collatéraux des années de guerre qui ont ravagé la nation, nombreux animaux ont côtoyé l’extinction de très près. Heureusement le gouvernement a su réagir avant la disparition pure et simple de certaines espèces. Les militaires ont par exemple tout mis en œuvre pour réintroduire l’éléphant et l’antilope dans certains parcs. Bénéficiant de près de 10 millions de dollars venants de différents fonds privés, les 10 000 km2 du parc de Quiçama sont en train d’être petit à petit repeuplés.

Chutes VictoriaIl est vrai que l’Angola a souffert pendant plusieurs années d’une guerre civile particulièrement féroce, lui conférant une très mauvaise réputation. Peu de personnes semblent au courant cependant de la fin de cette guerre, et les choses sont progressivement en train de changer. Le pays prend certes son temps pour se doter d’une infrastructure mais certains ont compris bien avant les autres qu’il cachait en son sein bien des richesses. Depuis quelques années par exemple, bon nombre de passionnés de pêche viennent jeter leur ligne ici, à la recherche d’un poisson aussi rare que convoité, le tarpon.

L’Angola ne sera sans doute pas dans le hit parade des destinations les plus tendances dans les mois qui viennent, mais au rythme ou vont les choses, il ne faudrait pas s’étonner que ce pays aux mille visages se fasse un jour connaître pour autre chose que son funeste passé.

Photos : The Embassy of the Republic of Angola

David VEERASAWMY