L'Ile Maurice en fête toute l’année !

Statue de Vishnou à Grand BassinUn rapide coup d’œil sur un agenda ou un calendrier mauricien à la section « jours fériés » et vous avez de fortes chances de ne comprendre qu’à moitié les intitulés des fêtes qui y sont marquées. En effet, si nous retrouvons les traditionnelles festivités de Noël ou de Pâques, la diversité ethnique du pays nous permet aussi d’assister à de nombreuses célébrations qu’on a très rarement l’occasion de voir ailleurs.

Divali par exemple, ou fête de la lumière, est honorée par les hindous aux alentours de fin octobre et début novembre. Célébrant le retour du Dieu Rama, la communauté indienne de l’île en profite pour illuminer le pays entier à l’aide de guirlandes multicolores et autres petites lampes à huile. Véritable bonheur pour les yeux, on jouit vraiment de cette fête lorsqu’on se balade dans les rues de son quartier voir de la ville, tant les différentes familles rivalisent de savoir-faire pour transformer leurs maisons en véritable ballet lumineux. Les bâtiments officiels ne sont pas en reste et il n’est pas rare de voir une mairie arborer un « Joyeux Divali » tout étincelant. La fête serait cependant incomplète sans les petits gâteaux de circonstance. De petites mignardises sucrées sont préparées avec amour par les femmes avant d’être distribuées à la famille, aux amis et aux voisins, même si ces derniers ne sont pas de même confession. Une belle petite preuve qu’une différence de foi n’entache en rien la bonne entente et la cordialité entre les individus de diverses cultures.

Autre état d’esprit mais même ferveur, le Maha Shivaratri. L’attrait principal de cette célébration reste son grand pèlerinage mobilisant une très grosse partie des fidèles, tout de blanc vêtu et portant une petite structure de bois appelée Kanwar. Destination: le lac du Grand Bassin, ou Ganga Talao. L’eau du lac, qui aurait selon les hindous une connexion sacrée avec le Gange, servira par la suite à purifier les pèlerins. Fascinante en tous points, cette fête brasse généralement un bon nombre de curieux venant de tous horizons pour assister au pèlerinage.

On retrouve les hindous pour une fête tout aussi fascinante que déroutante, le Thaipoosam Cavadee. Les préparatifs sont pour ainsi dire assez rudes. Dix jours de jeune sont en effet à prévoir avant le début d’un pèlerinage qui prend plutôt des allures de chemin de croix. Portant une petite structure de bois comme pour le Maha Shivaratri, les fidèles vont encore un peu plus loin en s’enfonçant de longues aiguilles dans la joue voir même se mettre des crochets au torse. Il va sans dire qu’assister à cette fête sans savoir de quoi il retourne peut en déstabiliser plus d’un, mais il n’empêche que nous avons une fois de plus une belle preuve de la dévotion que peuvent avoir certains. Avis donc aux curieux les plus téméraires !

Fêtes Ile MauriceComme on a pu le voir les hindous, qui rappelons le font partie de l’ethnie la plus présente sur l’Ile Maurice, tiennent la dragée haute en ce qui concerne les fêtes les plus surprenantes, surtout au niveau du visuel. Bien entendu les autres communautés possèdent leurs propres fêtes, parfois plus connues de tous mais toujours avec une petite touche locale non négligeable. Le nouvel an chinois par exemple est comme partout au monde l’occasion d’assister à de virevoltantes danses du dragon accompagnées d’un concerto de pétards rouges. C’est aussi l’occasion de savourer le nián gāo ou « gâteau la cire », un plat sucré à base de riz. On serait tenté de dire que le mauricien est gourmand, tant de nombreuses fêtes sont le prétexte pour savourer des plats plus ou moins exotiques. Dernier petit exemple qui ne nous contredira pas, l’assomption, ou fête de la vierge pour les locaux, est l’occasion de manger un bon gros gâteau aux couleurs de Marie après une messe en famille. Délicieux moyen de mélanger l’utile à l’agréable en somme.

Même si la plupart des fêtes locales sont à consonance religieuse, il n’empêche que toute l’Île en profite d’une manière ou d’une autre, sans qu’une quelconque barrière ethnique vienne jouer les trouble-fêtes. L’un des plus bels exemples de grand rassemblent festif demeure cependant le 31 décembre. Loin du simple apéro entre amis, c’est surtout l’occasion pour les mauriciens de se souhaiter la bonne année dans un tonnerre de feux d’artifices et de pétards qui n’a rien à envier à un 14 juillet. Comme le dit si bien l’adage local, un seul pays une seule nation !

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David VEERASAWMY