L'Islande balance entre écologie et modernité

Environnement islandaisL’Islande nous offre des paysages aux panoramas incroyablement beaux et divers. Un pays dont ceux qui en reviennent disent qu’ils ne pensent qu’à y retourner pour s’émerveiller encore de ses étendues à pertes de vue.

Pour préserver cet écrin, les Islandais se trouvent en quelque sorte pris entre deux feux. En effet, comme dans de nombreuses régions du monde, écologie et modernité essayent tant bien que mal de vivre en bonne intelligence. Certains on fait de la préservation de l’Île une priorité et l’ampleur de la tache ne leur fait pas peur !

Reforestation arbre après arbre

Malgré ses immenses prairies quasi dépourvues d’arbres, l’Islande est un pays qui fait la part belle à la végétation. En effet celle ci occupe 41.2% du territoire contre seulement 10.8% de glaciers. Il fut même un temps ou les arbres étaient légions, mais hélas les forêts vierges n’allaient cependant pas le rester bien longtemps et l’arrivée des vikings il y a plus de mille ans causa une sacrée zizanie sur l’écosystème local. Paysans dans l’âme, ils défrichèrent une bonne partie des terres pour le pâturage de leurs moutons, y mettant tellement de bonne volonté que seul 1% du pays est désormais boisé. Baptisé par certains « Sahara du Nord » en raison de l’aridité de ses terres, l’Islande est devenue le plus grand désert de toute l’Europe, avec plus d’un tiers de son territoire classé comme zone désertique.

Dans l’espoir de changer un peu la donne, et malgré le charme certain que confère son désert au pays, des décisions drastiques ont été prises. Dès les années 60, une vaste campagne de reforestation a germé, permettant de replanter près de 400 hectares de forêt chaque année et à ce rythme ce sont 40 millions d’arbres qui pourraient revoir le jour dans les 50 années à venir. Dans le but de sauvegarder ses propres espèces, la France à elle même décidé en 2011 d’utiliser l’Islande comme terre salvatrice, comptant sur les effets du Gulf Stream pour garantir la pérennité de certains types d’arbres menacés par le rechaussement de la planète.

Des centrales électriques à effets contrastés

Ecologie islandaiseCependant, dans une volonté de pousser à l’extrême certaines idées qui ont fait sa renommée, dans le cas présent l’hydroélectricité, l’Islande s’est retrouvée dans une sorte d’impasse. Utilisant les eaux de deux rivières, le Jökulsá á Dal et le Jökulsá í Fljótsdal, le complexe hydro électrique de Kárahnjúkar vit le jour en 2009. Ce serait un doux euphémisme de dire que l’initiative provoqua un tollé chez les islandais, simples quidams ou artistes. En effet, le projet à polariser l’attention de par les éventuelles retombées sur l’économie du pays ainsi que sur l’environnement. Les écologistes ont pointé le fait que la construction du complexe allait causer la disparition de certains reliefs naturels tels les cascades tout en causant de sérieux dommages à la faune locale.

Le discours des anti-barrages ne fut pas vraiment entendu et celui-ci fut finalement construit. Un certain paradoxe entoure quand même ce complexe. Si les répercutions sur l’environnement ne peuvent être niées, on ne peut cependant pas remettre en cause les attributs écologiques de Kárahnjúkar, comme par exemple une production quasi nulle de gaz polluants.

Toujours à la grande consternation des écologistes, le gouvernement a émis le souhait de faire construire trois nouveaux barrages dans un proche avenir. La proposition est encore à l’étude mais si celle-ci passe, il va s’en dire que les débats risquent d’être fort houleux.

Le constat général reste malgré tout plus que positif pour le pays et il n’est pas rare de voir celui-ci cité comme référence grâce à ses partis-pris. A titre d’exemple, l’Islande a crée en 2006 une agence de l’énergie avec pour but de réguler et d’optimiser la diffusion de l’énergie chez les particuliers et les différents secteurs industriels.

Difficile donc de trouver un juste équilibre entre développement et préservation de son patrimoine vert mais comme ailleurs les volontés sont là et gageons que forts de leurs expériences les islandais sauront prendre les bonnes décisions dans le futur.

Photos : © Tomasz Parys – Tupungato – Fotolia.com

David VEERASAWMY