La littérature islandaise au fil du temps

Littérature islandaiseEn bon petit dernier situé au fin fond de la classe, la littérature islandaise a eu, et a toujours, toutes les peines du monde à sortir de l’anonymat. Nombreux sont ceux d’ailleurs qui encore aujourd’hui ont tendance à considérer la littérature nordique comme étant entièrement le fruit de la Scandinavie. Quid de l’Islande dans tout ça ?

Revenons quelques années en arrière. Si le premier livre connu d’Islande n’apparaît qu’au début du dixième siècle, la culture islandaise n’a pas attendu cette date pour germer dans le collectif. En effet, c’est par l’oralité que les premières histoires vont voir le jour. Après l’apparition de l’Íslendingabók, œuvre retraçant la colonisation de l’Islande, en 1130, certains auteurs vont commencer à bâtir ce qui donnera plus tard un colossal patrimoine littéraire.

On peut dire de cette littérature qu’elle se rapproche du pays lui-même : brut et sans fioritures. En effet on retrouve dans l’écriture une certaine retenue en terme stylistique, l’immédiateté et le dynamisme prenant le pas sur la beauté formelle. Ainsi, dans les sagas, les adjectifs et les subordonnés jouent aux abonnés absents ! En somme on a une certaine cohérence entre l’écriture et la philosophe de vie d’un viking : pas de sentimentalisme et pas de lyrisme, tout dans le mouvement !

Petite parenthèses pour parler de ces fameuses sagas. Dans ces dernières on retrouve souvent des personnages historiques, l’aspect fictionnel étant fortement réduit. On y suit ainsi le parcours d’un héros, guidé par sa destiné et voulant se forger une réputation auprès des siens !

Les sagas islandaises feront l’œuvre d’une grande rétrospective vers les 12 et 13èmes siècles, alors que l’écriture, arrivée en même temps que le christianisme, commence à prendre ses aises.

Parmi ceux ayant marqué la littérature de cette période, citons entre autre Snorri Sturlusson, fils de viking qui a su tirer parti de ses diverses aventures ainsi qu’Ari Þorgilsson, prêtre et chef de son état à qui l’on doit le fameux l’Íslendingabók précédemment mentionné.

Ce début de millénaire verra aussi l’apparition de L’Edda poétique, ensemble de textes réunis dans le Codex Regius, Le livre des Rois. Objet des plus précieux de part son ancienneté et sa richesse en terme de contenu, le Codex nous narre entre autre la naissance de la cosmogonie dans la mythologie nordique, dans le Völuspá notamment, ainsi que les pérégrinations de différentes divinités telles Odin et Thor. L’impact de l’ouvrage fut tel que divers auteurs ou artistes tels Wagner et Tolkien s’inspirent de celui-ci pour créer leur propre univers. Pour la petite histoire, le personnage de Gandalf dans le Seigneur des Anneaux doit son nom à un nain nordique issu de l’ouvrage ! Dans un registre plus léger, les noms des divers eddas ont été repris entre autre dans le monde des jeux vidéos ainsi que dans la confiserie !

Autre genre, autre approche, la poésie scaldique pointe déjà le bout de son nez au 8ème siècle en Islande. Créée par les scaldes, poètes généralement au service d’une haute personnalité locale, ces poèmes se distinguent par leur approche extrêmement complexe de la poésie, tant au niveau rythmique que lexicale. Poèmes qui perdureront jusqu’au 12ème siècle, même si par la suite ceux-ci ne seront plus qu’un prétexte futile à un étalage de technicité.

Au fil des siècles, cette littérature antique fera l’objet d’un certain renouveau. Ainsi entre le 17 et le 18èmes, alors que le pays s’ouvre aux influences d’ailleurs et s’imprègne du lyrisme et du romantisme ambiant en Europe, des études scientifiques seront menées pour en savoir plus sur cette fascinante période.

Le 20ème siècle verra pour sa part apparaître les poètes atomistes, décriés de par leur motivation de restructurer la poésie locale ainsi que quelques autres auteurs tels Halldór Kiljan Laxness qui recevra le prix Nobel de littérature en 1955.

David VEERASAWMY