Montréal : une capitale de cœur pour le Québec

Oratoire Saint-JosephMontréal, ville principale du Québec, seconde ville francophone au monde, plus de 1.6 millions d’habitants. Voilà pour les attributs les plus impersonnels. Au delà de ces petits éléments, la bouillonnante cité canadienne surprend et attire par son dynamisme et ses innovations. Un petit tour du propriétaire s’impose donc.

Bercée par les flots du Saint-Laurent, Montréal voit le jour en 1615 sous l’égide de Samuel de Champlain, sept ans après la fondation de «l’habitation du Québec». Derrière la création de cette ville se cache un dessein bien précis. En effet, en fervent catholique qu’il est, Champlain veut convertir les autochtones. En 1641, d’autres colons venant de la Rochelle débarque sur le territoire, fondant la nouvellement nommée «Ville Marie». Cette recrudescence de colons ne sera pas vraiment vue d’un bon œil par les indiens Iroquois mais les colons tiennent le coup et appuyés par des soldats français venus plus tard en renfort, la petite ville prospère lentement, devenant un plate forme essentielle dans le commerce de la fourrure.

Outre les Iroquois, les Anglais ne tarderont pas à venir chercher des noises aux nouveaux arrivants, tant et si bien que les lieux tombent finalement entre leurs main en 1760. Le bonheur sera cependant de courte durée car les patriotes américains viendront à leur tour s’emparer de Montréal, souhaitant ainsi voir les locaux se joindre à eux dans leur lutte pour l’indépendance. Peine perdue, les Américains n’arriveront pas à convaincre les Canadiens et rentreront bredouille chez eux.

Une ville multiculturelleUne ville multiculturelle

Même si les débuts sont assez laborieux, Montréal gagne quand même petit à petit en importance, attirant bon nombre d’immigrants, majoritairement anglophones au départ. La ville ne tarde d’ailleurs pas à dépasser Québec en terme de population, devenant ainsi tranquillement la cité la plus peuplée du Canada.

De nos jours, ce brassage qui a vu accroître la ville constitue l’une de ses richesses, tant la multitude qui s’y trouve donne à la ville un cachet si agréable. On retrouve ainsi aux côtés des descendants francophones bon nombre d’Asiatiques, de Grecs et d’Italiens qui apportent une petite part de chez eux dans ce coin du Canada, entre saveurs exotiques et autres musées. A noter que Montréal avant Toronto posséda pendant un certain temps la plus grande communauté juive du Canada.

Le Mont Royal, symbole naturel de Montréal

En plus de la chance de posséder un certain kaléidoscope ethnique, Montréal a depuis longtemps eu le privilège d’être au cœur d’un environnement de toute beauté. Outre le Saint-Laurent qui borde la ville et qui permet de s’adonner à des sports comme le stand up paddle board, variante moins mobile du surf qui permet même de faire du yoga, la ville possède un joli petit coin de verdure qui répond au doux nom de Mont Royal. La réalité est cependant moins spectaculaire que le laisse suggérer le nom, le mont en question étant une colline découverte par Jacques Cartier en 1535 et nommé ainsi en l’honneur de François 1er. Si vous avez notez un petit rapprochement sémantique entre Mont Royal et la ville qu’elle côtoie, vous avez bien raison car Montréal tient son nom de cette petite colline.

Automne, hiver à MontréalCe petit coin de verdure a certes connu une certaine urbanisation notamment après la seconde guerre mondiale, causant un certain apport de béton loin de plaire à la végétation locale mais heureusement les autorités locales ont prit conscience du risque de perdre ce havre de paix et un programme de développement durable a vu le jour en 2007. Avec ses 700 espèces de végétaux et sa centaine d’espèce d’oiseaux, la présence d’un endroit comme le Mont Royal à côté d’une métropole peut surprendre, et pourtant…

Et toujours plus étonnante

La ville de Montréal semble parfois nager à contre courant, mélangeant allègrement des éléments divergeant pour constituer au final un ensemble cohérent. Pour souligner ce brassage, on peut par exemple évoquer ce projet aussi fou qu’ingénieux qu’a eu un ancien informaticien, à savoir utiliser les toits de la ville comme serres ! Premiers au monde à s’essayer à ce genre de procédé, la société Lufa veut à long terme recouvrir un maximum d’immeubles. Quand on sait qu’une seule serre peut nourrir jusqu’à 2000 personnes, on entraperçoit les possibilités qu’une telle idée peut apporter !

Utiliser une architecture humaine pour fournir du végétal, encore une belle preuve de cohabitation comme seule Montréal semble avoir le secret.

Photos : © Lotharingia, Moustyk, DanielDupuis, mario beauregard, nicolas kaczmarczyk – Fotolia.com

David VEERASAWMY