Namibie : les Himbas, le peuple de la terre

Femmes HimbasPerdu dans le désert namibien subsiste un peuple d’irréductible, essayant d’échapper à la modernité ambiante en tentant de faire persister leurs coutumes. Fiers et déterminés, ces éleveurs nomades n’ont pas encore dit leur dernier mot.

C’est autour du 15eme siècle que cette tribu aurait fait son apparition. Nomades en puissance, ils ont quitté le Botswana actuel, en compagnie de quelques autres tribus parlant comme eux le Bantu, pour rejoindre le nord-ouest de la Namibie.

Alors que les missionnaires allemands investissent la région pour prêcher la bonne parole, certaines tribus comme les Herero décident de mettre de côté leurs coutumes, en décidant par exemple de revêtir des habits et en se christianisant. Les Himbas quand à eux resteront sourds aux changements gentiment imposés et se mettront quelque peu à dos les Herero qui les qualifient d’êtres inférieurs.

Les Allemands reviendront cependant à la charge au 19eme, siècle pourchassant les Himbas à travers le territoire, aidés en cela pat les Herero. Sous l’égide de Lothar Von Trotha, c’est un quasi génocide que ceux ci subiront. Certains d’entre eux iront même demander asile en Angola. Les choses iront encore de mal en pis.

Après 1920, les Himbas sont pris en charge par les Sud-Africains, ces derniers ayant la Namibie sous leur joug. Même si les Himbas se voient attribuer une réserve, ils devront faire face à une emprise quasi totalitaire des sudistes. Aucun gouvernement toléré, aucun droit pour leur bétail, aucun droit de commercer. Autant dire que les autochtones sont condamnés à disparaître progressivement. Les bêtes meurent petit à petit faute de pâturages et certains Himbas se font enrôler de force dans l’armée sud-africaine pour lutter contre les rebelles namibiens qui heureusement bouteront les envahisseurs, voyant ainsi les Himbas connaître une seconde vie.

Enfant HimbasEn regardant de plus près leur mode de vie, on ne peut dire que les Himbas ont choisi la facilité, tant les conditions d’existence sont rudes dans cette région de l’Afrique Australe. Les habitations se veulent rustiques, faits de branchages et de bouse de vache. Portant très peu de vêtements, un pagne et des sandales généralement fabriquées à partir de pneu de voiture, ils ont cependant trouvé une parade contre la chaleur écrasante des lieux. S’enduisant le corps d’un mélange de graisse animale et de poudre issue de l’hématite, les Himbas arrivent non seulement à prévenir les coups de soleil mais ils obtiennent par la même occasion une teinte rougeâtre du plus bel effet, caractéristique la plus immédiatement identifiable de la peuplade. Au delà de l’aspect protecteur et esthétique, cette colorisation a aussi une vocation plus symbolique, le rouge obtenu représentant ainsi la couleur de la vie.

Parmi les autres caractéristiques visuelles de l’ethnie, on retrouve chez les femmes une coiffure qui ne passe pas inaperçue. Se tressant d’abord les cheveux, elles les enduisent par la suite d’une mixture ocre appelée «otjize», leur conférant une chevelure allant résolument de pair avec leur épiderme. Encore une fois cette pratique possède ses petites nuances autres qu’esthétiques. Avant la puberté, les filles n’ont droit qu’à deux tresses, le nombre augmentant passé la puberté.

Autre petite touche purement esthétique cette fois, les femmes ont trouvé une manière bien à elle de sentir bon. Vous vous en doutez bien, pas de déodorant à l’horizon, mais des plantes aromatiques qu’elles font brûler, servant à la fois de parfum et de produit nettoyant pour le corps. Comment allier l’utile à l’agréable en somme.

Femme HimbasMême si les choses se sont plutôt améliorées depuis les années 80, on ne sait pas vraiment de quoi sera fait l’avenir pour cette peuplade. Ils sont encore près de 20.000 à subsister de nos jours, même si certains tentent de fuir cette vie loin de tout confort. Il n’est pas dit cependant qu’ils baissent les bras.

Il existe une petite tradition dans les tribus. Le feu ne doit jamais mourir, car il permet entre autre de communiquer avec leur divinité Mukuru, et une personne est même chargée de veiller constamment à ce que la flamme ne vacille pas. Au travers de ce rituel, on pourrait ainsi voir en filigrane un message de leur part, que le fier peuple Himba n’est pas prêt de s’éteindre !

David VEERASAWMY