Nouvelle Zélande : au pays des pâturages

Environnement néo-zélandaisL’un des plus beaux atouts que possède la Nouvelle-Zélande est son environnement qui a su rester loin des affres de la pollution. Il faut dire que le pays a pris très tôt les décisions nécessaires pour garantir à sa faune et à sa flore une pérennité quasi absolue. Dès le 19eme siècle, les premiers décrets pour protéger la nature commencèrent déjà à tomber ! Ainsi, en 1861 et en 1864 respectivement, deux lois sont ainsi ratifiées, protégeant moult gibiers et autres volatiles comestibles.

Loin de vouloir s’arrêter en si bon chemin, le législateur est toujours resté ferme sur son positionnement vis à vis de la nature et cela se ressent plus que jamais aujourd’hui !

Avec ses 4 millions d’habitants sur une superficie de 268 680 km2, la nature a définitivement pris ses marques chez les kiwis et les habitants ont su de manière plutôt admirable respecter et protéger ce patrimoine vert, quitte parfois à nager à contre courant. Alors que le nucléaire commençait à se démocratiser dans le monde, les néo-zélandais montrèrent leur réticence face à l’entrée de l’atome dans le pays. La visite de sous-marins nucléaires américains en 1978 et 1979 déclencha une vague de protestations et l’opposition face au nucléaire passa de 32% à 72% chez la population.

Ecologie néo-zélandaiseCette prise de position ne sera hélas pas sans conséquences et en 1985, les services secrets français ordonnèrent la destruction du Rainbow Warrior, bateau ancré dans le port d’Auckland, dont Greenpeace était propriétaire et voulait alors s’opposer aux essais nucléaires dans le pacifique. Ce fait divers créera une vive tension entre les deux pays et les dédommagements et excuses de rigueur se verront accompagnés d’un accord tacite permettant à la viande néo-zélandaise d’entrer en France sans aucuns problèmes.

Ce refus du nucléaire aura cependant permis à la Nouvelle-Zélande de se tourner vers des solutions énergétiques moins conventionnelles mais non moins écologiques. La géothermie s’est par exemple imposée d’elle même, l’île se trouvant dans une zone hautement sismique, favorisant entre autre le développement de geysers.

Paradoxalement, le politique gouvernementale face à l’environnement a donné lieux à des situations assez cornéliennes. Ainsi l’opossum est devenu un problème à échelle nationale de par ses maints dégâts causés sur la faune et la flore locale. Pour endiguer cette «menace», les hautes instances n’ont pas trouver mieux que l’utilisation à très grande échelle, plus de 80% de la production mondiale, d’un redoutable poison nommé «1080». L’utilisation de ce poison a suscité de vives controverses car si les effets de l’opossum sur l’environnement sont certes indiscutables, la radicalité du procédé a fait hausser quelques sourcils, d’autant plus que le poison aurait des effets néfastes sur la faune ainsi que sur l’homme. Mettant l’emphase sur les dommages collatéraux liés au 1080, de nombreuses personnes dont certains partis politique ont fait entendre leur mécontentement mais le gouvernement est resté inflexible, jugeant les effets bénéfiques du poison plus importants que les quelques effets néfastes qu’il pouvait engendrer.

Nature néo-zélandaiseMoins radical mais résolument intrigant, la Nouvelle-Zélande a fait de l’entrée sur ses terres un passage extrêmement strict ou un objet aussi anodin qu’une pomme peut vous valoir une amende de 400$ ! En effet, dans le but d’éloigner au maximum toute espèce nuisible susceptible d’endommager l’environnement, aucun fruit venant de l’extérieur ne doit sortir de l’aéroport. Vu la note salée, il vous est fortement recommandé de croquer la pomme dans l’avion avant de passer par les mains expertes des douaniers.

Extrême le pays peut l’être, quitte à s’attirer de l’incompréhension. Pourtant toutes ces décisions ont pour but le plus noble : de préserver le plus longtemps possible le formidable écosystème qui l’entoure. A ce titre, la Nouvelle-Zélande affiche clairement la donne pour les années à venir, comme être neutre en CO2 dans le secteur de l’électricité d’ici 2025 ou bien être le pays utilisant le plus de voitures électriques au monde. Projets viables ou utopiques ? En tout cas le cœur y est et rien que pour ça difficile de ne pas saluer l’investissement de tout un peuple, même si certaines conséquences sont parfois un peu étonnantes.

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David VEERASAWMY