Pérou : le secret des lignes de Nazca

Lignes de NazcaOn ne peut s’empêcher de sourire en s’imaginant toutes les personnes étant passées sur les lignes de Nazca sans jamais se rendre compte du formidable trésor archéologique se trouvant sous leurs pieds. Mais que sont vraiment les lignes de Nazca ? Aussi impressionnantes soit elles, ces lignes rechignent encore à nous dévoiler leurs plus intimes secrets !

Des théories plutôt farfelues ont été échafaudées sur ces lignes, comme la possibilité d’une hypothétique piste d’atterrissage pour extraterrestres de passage, théorie qui a d’ailleurs causé une vague d’amateurs d’aliens sur le site pendant les années 60, suite aux publications de l’auteur suisse Erich von Däniken.

Si l’on devait donner aux lignes de Nazca une explication concrète et rationnelle, on se rendrait bien vite compte que la tache risque d’être plutôt ardue. Formées par le peuple du même nom, ces lignes aux proportions parfois dantesques évoquent de manière plus ou moins graphiques des animaux tels que la baleine, l’araignée ou le singe. Formant ainsi ce que l’on nomme plus prosaïquement des géoglyphes, ces dessins ont été découverts par le plus grand des hasards dans les années 20. Visibles dans leur intégralité qu’en avion, les avis et les hypothèses quand à la création commencèrent à faire leur apparition.

Lignes péruviennesRevenons un instant sur la création des géoglyphes eux mêmes. Les Nazcas, qui ont vécu pour information 200 ans avant JC jusqu’à 600 ans après JC, n’utilisèrent pas vraiment d’instruments de haute technologie pour réaliser leur dessins. Une corde pour se repérer, un petit balayage de cailloux et 48 heures plus tard un dessin pouvant aller parfois jusqu’à 200m de superficie faisait son apparition. Il est étonnant de voir aussi que ces dessins ont traversé les siècles sans aucun dommage majeur. Il faut dire que les conditions assez atroces de la région ont assez ironiquement contribuées à la survie de ce vestige du passé ! En effet, sous l’effet des coussins d’air chaud en journée et de leur teneur élevée en gypse, les pierres sont ainsi restées soudées pour le plus grand plaisir de nos yeux.

La question qui revient cependant perpétuellement est la suivante, mais quel est donc l’utilité de ces dessins ?

On a avancé l’idée que ces nombreuses fresques serait en fait une carte du ciel représentant les constellations, avec pour but in fine de repérer les saisons. Cette théorie ferrait des Nazca de formidables astronomes, mais la réalité est hélas un peu moins spectaculaire. Si certaines formes évoqueraient bien quelques amas d’étoiles, seul 30% des géoglyphes auraient une connotation astronomique. Peu de chance donc de trouver une constellation du singe ou de la baleine dans la voûte céleste.

En parallèle à la théorie des étoiles, une plus terre à terre a été évoquée. Au même titre que certaines autres peuplades du Pérou, les Nazcas étaient passés maîtres dans l’art de l’irrigation, grâce notamment à un ingénieux système d’aqueducs situés sous terre. Nombre de lignes formées par les dessins seraient ainsi des indicateurs pour mieux repérer les points d’eau à travers le désert. Une fois de plus c’est une demi-vérité. Si encore une fois quelques sources d’eau sont effectivement liées aux géoglyphes, seule une infime partie jouerait le rôle de baguette de sourciers géants.

CahuachiPour essayer de trouver une autre solution à ce vaste mystère, une petite délocalisation s’impose. A plusieurs kilomètres de là, au sud de la Californie, dans le désert de Mojave plus exactement, des similis dessins ont été aussi tracés dans le sol. Grâce aux témoignages des amérindiens, on a pu en attribuer l’origine aux nombreuses cérémonies rituels qui émanaient la vie des tribus.

Dans l’un des endroits phares de la civilisation Nazca, Cahuachi, on retrouve des figures récurrentes dans le sol, des représentations sphériques qui auraient été aussi utilisées durant certains rites religieux, histoire de faire savoir aux Dieux que leurs fervents serviteurs étaient bel et bien là.

Si lesdits serviteurs ne sont hélas plus là pour témoigner, le gros casse tête qu’ils ont laissé risque pendant bien longtemps encore d’alimenter les débats. Plusieurs scientifiques ont tenté de percer le mystère des lignes de Nazca, tel l’allemande Maria Reiche qui y aura passé quasiment toute sa vie. Les réponses et hypothèses sont nombreuses, qu’elle est vraiment la meilleure dans tout ça ? Peut être reste t-il d’autres réponses à découvrir et tel cette envie de prévenir les dieux de leur existence, les Nazca nous ont en tout cas offert une belle trace de leur passage.

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David VEERASAWMY