Quand la Nouvelle Zélande inspire le rugby

Rugby néo-zélandais

Si vous vous baladez le week-end dans un parc néo-zélandais, vous risquez d’assister au spectacle suivant : de charmantes petites têtes blondes en train de s’arracher un ballon ovale, ainsi que leurs parents tentant à qui mieux mieux d’encourager leurs progénitures. Une petite preuve que chez les Kiwis l’ovalie est un art qui s’apprend dès le plus jeune âge. Au même titre que le football au Brésil ou en Europe, le rugby est loin d’être un sujet de plaisanterie !

Il faut remonter vers le milieu du 19eme siècle pour le voir apparaître dans ces lointaines contrées. «Rapporté» d’Angleterre par Charles John Monro, la rigueur et l’âpreté de ce sport séduira bien vite les insulaires. En 1870, la ville de Nelson accueille le premier match de Rugby du pays et particularité de la région, elle est située au milieu du pays, jolie manière de montrer à quel point le rugby est au cœur de la vie néo-zélandaise !

Difficile de parler de rugby en Nouvelle Zélande sans prendre le temps d’évoquer les mythiques All Blacks. Il est coutume de dire que la couleur noir arboré par les joueurs représente le deuil qu’ils porteraient de leurs adversaires. Au vu des impressionnantes statistiques de l’équipe, on n’osera point remettre en cause la crédibilité de cette idée reçue ! Les chiffres parlent d’eux même : plus grand nombre de points marqués en coupe du monde, plus grand nombre d’accessions en finale de coupe du monde, plus grand nombre d’essais marqué par une équipe… De quoi en effet faire rêver plus d’un !

Les grands joueurs n’ont pas manqué dans cette redoutable équipe mais si on devait en retenir une figure emblématique au même titre qu’un Wilkinson en Angleterre ou un Chabal en France, on prendrait sans conteste Jonah Lomu. Non content de posséder un sacré gabarit, 1m90 pour 120 kilos bien trempés, ce tongien d’origine à d’une certaine manière contribuer à démocratiser le rugby à travers le monde. En inscrivant sept essais en cinq rencontres lors de la coupe du monde en 1995, Lomu fait sensation et ce sera le début d’une longue et fructueuse carrière. Carrière qui sera certes émaillé de divers problèmes de santé qui faillirent mettre en touche le rugbyman mais compte tenu de son très respectable palmarès et des quelques records qui s’y sont greffés, tel celui du meilleur marqueur d’essai en coupe du monde, on ne peut que saluer le parcours de celui qu’on a surnommé «l’autobus».

Histoire d’en rajouter dans la légende, n’oublions pas de mentionner le Haka ! Cette danse tribale venant de la culture maori se subdivise en différentes catégories et le Ka Mate en est l’exemple le plus connu. Popularisé par les All Blacks, cet hymne à la cohésion et au courage qui constitue une mise en bouche des plus spectaculaires à pour vocation première de faire fondre le courage de l’équipe adverse. Il est important de noter que l’utilisation du Haka ne se cantonne pas qu’au rugby. En effet, il n’est pas rare de voir le Haka surgir dans un défilé militaire ou une cours de lycée par exemple où il est d’ailleurs très souvent enseigné.

L’amour qui lie les néo-zélandais à l’ovalie est vraiment indiscutable. Il suffit de voir à quel point les joueurs se mêlent à leurs fans sans une once de condescendance. Comme quoi, les valeurs que véhicule le rugby vont bien au delà de simples considérations pécuniaire ou glorificatrices.

Photo : Rugby World Cup

David VEERASAWMY